Les artistes refont le monde
L'auteur

L'auteur : Éric Mangion

Biographie

Éric Mangion est directeur du centre d’art de la Villa Arson depuis 2006. Il y a notamment accueilli ou organisé des expositions monographiques de Eva Barto, Sonia Boyce, Monster Chetwynd, Judy Chicago, Jeremy Deller, Jean Dupuy, Brice Dellsperger, Ryan Gander, Bernard Heidsieck, Emmanuelle Lainé, Zoé Léonard, Flora Moscovici, Roman Ondak, Linda Sanchez, Tatiana Trouvé ou des expositions collectives comme Ne pas jouer avec des choses mortes, Go Canny ! Poétique du sabotage, Double Bind / Arrêtez d’essayer de me comprendre !, Acclimatation, À moitié carré/À moitié fou, Transmission ou À la vie délibérée. Il a été directeur du Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur de 1993 à 2005 dans lequel il a axé une partie de la collection sur des œuvres évolutives. Commissaire ou co-commissaire indépendant de nombreuses expositions dont : Self in Material Conscience, Fondation Sandretto à Turin, 2002 ; Artur Barrio: Actions After Actions à l’Université de Philadelphie, 2006 ; Recommencer, Commencer de nouveau la peinture de Gérard Gasiorowski, Carré d’art de Nîmes, 2010 ; Modules (Thomas Teurlai, Vivien Roubaud et Tatiana Wolska), Palais de Tokyo, Paris, 2014 ; La voix libérée – Poésie sonore, Palais de Tokyo, Paris, 2019 ; Parties sans éteindre la lumière (Pauline Curnier Jardin et Marie Losier,) Fondation d’entreprise Ricard, Paris, 2019. Il fut également directeur artistique du festival Printemps de Septembre 2010 (Une forme pour toute action) et conseiller artistique du festival Live à Vancouver en 2011. Membre de la commission danse du Ministère de la culture entre 2013 et 2016, il préside le festival Actoral et Montévidéo (Marseille) depuis juin 2017. Critique d’art ayant participé à de nombreuses revues, il assure en 2007 la direction artistique de la revue Fresh Théorie III. Il est cofondateur et directeur de la rédaction de la revue Switch (on Paper) https://www.switchonpaper.com/

Contributions
Voir tous les auteurs +
Aller plus loin
Autour du texte
Investigation par Éric Mangion
03 juin 2018

Dissonances en dissidence

Investigation par Éric Mangion

En janvier 2016, l’artiste et dissident chinois Ai Weiwei annonce son intention de créer sur l’île de Lesbos en Grèce un mémorial pour les réfugiés de Méditerranée. « Beaucoup de gens ont perdu la vie en mer […] il faut un monument », déclare-t-il lors d’une conférence de presse. Quelques semaines plus tard, une photographie envahit les réseaux sociaux et tous les médias. Réalisée par Rohit Chawla, reporter pour Indian Today, cette image montre le corps de Ai Weiwei allongé sur le ventre, face à la mer sur cette même île de Lesbos. Le cliché fait référence à Aylan Kurdi, l’enfant syrien retrouvé sans vie le 2 septembre précédent sur une plage turque et dont la mort avait suscité tant d’émotion dans le monde. Pourtant, cette photographie dérange plus qu’elle ne suscite la compassion. Rien ne fonctionne dans cette reconstruction lourde et impudique du drame, posant les limites de la démarche souvent ambigüe de cet artiste qui épouse mieux que personne les complexités de son pays.

Lire aussi...