Le cri de la momie, épisode 3 : the Space Lady

Chronique par Arnaud Maguet

Sommaire

On peut noter, en ces temps incertains de Novlangue post-orwellienne, une multiplication patente des injonctions à la professionnalisation. Ne souhaitant s’en tenir à ces conseils qui n’entendent rien des émotions et s’en tiennent à produire vieillissants insatisfaits et autres célibataires de l’art, l’auteur nous narrera, tous les mois (ou presque), les vertus de l’amateurisme appliqué au champ musical — s’y croiseront des laboureurs sans ambition, des journaliers sans le sous, des vendangeuses aux reins brisés et toutes les mauvaises herbes qui jamais ne fleurissent sous le soleil exactement.

The Space Lady, Trop de choses à rêver la nuit dernière L’amateur a sur le professionnel un avantage de plus : il peut rejeter toute prudence. Il peut révéler d’inutiles vérités et émettre d’extravagantes théories. Graham Greene in Le Troisième Homme (1950) Disons qu’elle est un isthme, entre la terre et l’espace, qu’elle est un isthme,…

À retenir

Qui est the Space Lady ?

L’américaine Susan Dietrich Schneider est née en 1947 à Pueblo, dans le Colorado (Etats-Unis), de parents musiciens. Enfant, elle a étudié la flute et le piano, tâté de la guitare au collège et appris toute seule à jouer de l’accordéon. C’est l’instrument avec lequel elle se produisait dans les rues de Boston, puis San Francisco, avant d’adopter le synthé Casio MT-40 qui sera sa marque de fabrique. Désormais mondialement reconnue, elle se produit sur des scènes alternatives à travers le monde.

Quel est le style musical de the Space Lady ?

Le style musical de Susan Dietrich AKA the Space Lady peut être tour à tour qualifié de psychédélique, space rock, pop synthétique et, plus globalement, d’outsider music. C’est d’ailleurs l’une des plus fameuses compilations du genre, Songs in the key of Z, réalisées par l’américain Irwin Chusid, qui contribua à la célébrité tardive de the Space Lady.

D’où vient le pseudonyme the Space Lady ?

Susan Dietrich se produisait déjà depuis plusieurs années dans les rues de Boston, puis San Francisco avec son casque ailé clignotant et plus ou moins de bonheur. Suivant le conseil avisé d’un chauffeur de taxi de San Francisco qui la ramenait un soir chez elle, exténuée, elle décida de tenter sa chance dans le quartier historique de Castro. Là, elle fut instantanément adoptée pour son extravagance par la communauté gay et baptisée the Space Lady, comme un hommage entre amusement et respect pour cette artiste inclassable.

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