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Le dossier

Le dossier : « L'Encyclopédie des guerres »

L’Encyclopédie des guerres est un cycle de conférences-performances initié au Centre Pompidou en septembre 2008, à raison d’un rendez-vous par mois. Je constitue pour ce faire une « Bibliothèque de guerre », accumulant tous les ouvrages, essais, récits, livres techniques traitant du sujet de la guerre. Je ne m’impose aucun corpus a priori. Je ne suis ni historien, ni spécialiste de polémologie. Je collectionne des phrases, des termes, des images, des chiffres. Mon premier travail est de lire des « livres de guerre », d’y prélever des citations, qui viennent nourrir des entrées préexistantes ou en créer de nouvelles. Il s’agit alors d’une activité essentiellement répétitive, mécanique, de copiste. Je suis Bouvard ou Pécuchet. De ces entrées, il en existe à ce jour 1031. La première étant Abattre (mort), la dernière Zouave, en passant par Abracadabra ; Boum ; Camping ; Hydrographie ; Langueur (monotone) ; Mouche (Faire) ; Pâtisserie ; Silence (Réduire au) ; Triperie ; Vadrouille (La très grande) ; Ypres

Réunie pour la première fois en un corpus éditorial, l’intégrale des conférences est désormais accessible via Switch (on Paper) et sera complétée au fil des nouvelles conférences-performances de Jean-Yves Jouannais au Centre Pompidou.

Jean-Yves Jouannais

L'auteur

L'auteur : Jean-Yves Jouannais

Biographie

Rédacteur en chef de la revue art press (1991-1999), membre du comité de rédaction de la Revue Perpendiculaire (1995-1998), il est professeur à l’ENSBA Paris. Entre autres expositions : Topographies de la guerre, Le Bal, Paris, 2011 ; La Force de l’art, Grand Palais (avec J.-L. Froment et D. Ottinger), 2009 ; L’Idiotie, Expérience Pommery # 2, Reims, 2005 ; Histoire de l’infamie, Biennale de Venise, 1995 ; Un art contemporain d’Afrique du sud, La Défense, 1994. Entre autres publications : Artistes sans œuvres (1997) ; L’Idiotie (2004) ; L’Usage des ruines (2012) ; MOAB, Épopée en 22 chants (2018). Depuis 2008, il se consacre au cycle de conférences, l’Encyclopédie des guerres, rendez-vous mensuel au Centre Pompidou.

Contributions
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Thesaurus :

Le siège de Khe Sanh est une bataille de la guerre du Viêt Nam (1er novembre 1955 – 30 avril 1975) qui opposa l’armée américaine à l’armée populaire vietnamienne (nom de l’actuelle armée de la République socialiste du Viêt Nam créée en 1944) et les troupes du Front national de libération du Sud Viêt Nam, Viêt Cong (force armée vietnamienne d’inspiration nationaliste et communiste créée en 1954 et dissolue en 1976). Elle se déroula au début de 1968, durant la fameuse offensive du Têt. Elle commença le 21 janvier et dura 77 jours. Conclue par une victoire américaine, elle n’eut cependant pas de réelle implication stratégique.

L’offensive du Tết est une campagne militaire menée en 1968 par les forces combinées du Front national de libération du Sud Viêt Nam et de l’armée populaire vietnamienne pendant la guerre du Viêt Nam. Les buts poursuivis étaient le soulèvement de la population sud-vietnamienne contre la République du Viêt Nam, démontrer que les déclarations américaines selon lesquelles la situation s’améliorait étaient fausses, et dévier la pression militaire pesant sur les campagnes vers les villes sud-vietnamiennes.

Le 30 janvier 1968, 80 000 soldats communistes attaquent plus de 100 villes à travers le pays dans la plus grande opération militaire conduite à ce point de la guerre. Cette offensive prend les Américains par surprise et affecte profondément leur administration dont de nombreuses personnalités se positionnent contre cette guerre, ce qui en altère décisivement le cours.

Né à Trujillo en Espagne le 16 mars 1475, Francisco Pizarro González (François Pizarre en français) fut un conquistador espagnol qui s’est emparé de l’empire Inca, gouverneur de l’actuel Pérou (Nueva castilla).

Né probablement en 1485 à Medellín près de Séville, Herman Cortès fut un conquistador espagnol qui s’est emparé de l’Empire aztèque pour le compte de Charles Quint (roi de Castille et empereur romain germanique). Cette conquête est l’acte fondateur de la Nouvelle-Espagne et marque une étape fondamentale de la colonisation des Amériques au XVIème siècle.

La guerre de Crimée opposa de 1853 à 1856 l’Empire russe à une coalition formée de l’Empire ottoman, de la France, du Royaume-Uni et du royaume de Sardaigne. Provoqué par l’expansionnisme russe et la crainte d’un effondrement de l’Empire ottoman (entré dans une période de déclin militaire, politique et économique), le conflit se déroula essentiellement en Crimée autour de la base navale de Sébastopol. Il s’acheva par la défaite de la Russie, entérinée par le traité de Paris de 1856 qui déclare la neutralité de la mer Noire et marque un coup d’arrêt pour l’influence russe dans la région (interdit la navigation aux navires de guerre et la construction de fortifications). La guerre de Crimée est parfois considérée comme la première « guerre moderne » du fait de l’utilisation de nouvelles technologies (bateaux à vapeur, chemin de fer, fusils à canon rayé).

Feuillées (désigne les toilettes provisoires d’un camp militaire ou d’un camp scout).

Tonkin (nom autrefois utilisé pour désigner la partie septentrionale du Viêt Nam actuel. À partir de 1884, le nom devient celui d’un protectorat français, l’une des six composantes de l’Indochine française).

Né Giovanni di Pietro en 1181 ou 1182 en Italie, considéré comme le précurseur du dialogue interreligieux (forme organisée de dialogue entre représentants de traditions religieuses ou spirituelles différentes), François d’Assise fut un diacre catholique et fondateur de l’ordre des Frères mineurs : caractérisé par une sequela Christi (haut-degrés dans l’engagement de la vie religieuse monastique) dans la prière, la joie, la pauvreté, l’évangélisation et l’amour de la création divine. Il est canonisé à Rome en 1228 par Grégoire IX (pape de 1227 à 1241).

Née en 1303, Brigitte de Suède est issue de la famille des Brahe (patronyme d’une famille de la noblesse du Danemark, originaire de Scanie), fille du prince Birger Persson. Après s’être retirée au monastère d’Alvastra, devenue veuve, elle se fixe en 1349 à Rome où elle se consacre à des pèlerinages, une vie d’intense apostolat et de prière assidue. Renommée pour ses prophéties et ses révélations mystiques, elle est connue pour ses prises de position politiques et religieuses n’hésitant pas à donner ses avis aussi bien sur la gouvernance des États que de la papauté réfugiée à Avignon. Elle est canonisée en 1391 par Boniface IX (pape de 1389 à 1404).

Le coq de Pierre fait référence à l’épisode relaté dans les quatre Évangiles du reniement de saint Pierre, qui raconte comment l’apôtre Pierre a renié à trois reprises le Christ en niant le connaître (car il craignait pour sa propre vie) avant que le chant du coq ne retentisse. De ce récit biblique a découlé une légende qui raconte que l’apôtre aurait empalé tous les gallinacés imprudents lorsqu’ils venaient l’importuner et lui rappeler sa lâcheté. Puis, repentant, Saint Pierre se serait avisé de les exposer en belle place et cette coutume se serait transmise de les installer sur le sommet des clochers.

Autour du texte
Chronique par Jean-Yves Jouannais
17 septembre 2020

L’Encyclopédie des guerres – Aluminium

Chronique par Jean-Yves Jouannais

Une fois par mois, à partir de septembre 2020, Switch (on Paper) publie un extrait de l’Encyclopédie des guerres de Jean-Yves Jouannais. Ce qui devait être au départ un chantier de littérature orale prend peu à peu la forme d’un livre. L’ouvrage étant annoncé pour 2030. En attendant, voici en exclusivité la première de ces douze chroniques livrées par ordre alphabétique, telles des entrées d’un immense atlas des guerres. Aujourd’hui, Aluminium.

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