Corita Kent
Ordres et contre-culture

Investigation par Vanina Andréani

Sommaire

Corita Kent (née Frances Elizabeth Kent) est une figure incontournable de la scène américaine des années 1960 et 1970. Commencée dès 1952, sa production prolifique de sérigraphies – un médium qu’elle a contribué à faire reconnaître – reflète les enjeux d’une pratique qui, dans ces décennies, est liée aux mouvements sociaux et politiques de son temps. Son engagement dans les grands combats idéologiques – elle lutta ardemment pour la défense des droits civiques : droits des femmes et des minorités – va de pair avec sa position humaniste et son entrée en 1936, à 18 ans à peine, dans l’ordre religieux des Sisters of Immaculate Heart of Mary. Anticonformiste, progressiste et activiste catholique à l’instar de Dorothy Day, elle fut très proche jusqu’à la fin de sa vie du prêtre et militant pacifiste Dan Berrigan. Jusqu’en 1968 – date à laquelle elle rompt avec l’Eglise – elle associa engagement religieux, production artistique et mission de pédagogue. Elle développe dès 1941 des méthodes d’apprentissage de l’art innovantes en invitant notamment dans ses cours de grandes figures de l’architecture, du design ou de la musique devenues iconiques comme John Cage, Richard Buckminster Fuller ou encore Charles Eames.

[ 1 ]

Comme de nombreux lieux d’enseignement des arts aux Etats-Unis, l’IHM va puiser chez Johan Huizinga et son ouvrage Homo ludens. Essai sur la fonction sociale du jeu paru en 1938, qui insiste sur l’importance du jeu dans la société.

[ 2 ]

Propos in Adelaide Garvin, Art and Artists, The Critic, février-mars 1960, # 139.

[ 3 ]

Paul Laporte, interview with Corira Kent, May 1979, Corita Papers, 1936-1992. Arthur & Elizabeth Schlesinger Library Library on the History of Women in America, Radcliffe Institute for Advanced Study, Harvard University.

[ 4 ]

Corita Kent, interview by Bernard Galm, in Los Angeles Art Community Group Portrait : Corita Kent, transcript Oral History Program, UCLA Center for Oral History Research, Los Angeles, 1977, 43.

[ 5 ]

John Taylor, « Corita », Graphis 26 N° 151 (1970-71), 3 98.

[ 6 ]

Vincent Bernard, Une histoire des États-Unis, Flammarion, collection Champs Histoire, 2016.

Dans l’important catalogue consacré à l’artiste, Someday is Now. The Art of Corita Kent, publié en 2013, de nombreux témoignages évoquent – au-delà de l’œuvre – la personne que fut Frances Elizabeth Kent. Une somme de récits qui croisent les paroles de ceux qui l’ont connue et de personnalités qui se revendiquent comme ses héritiers…

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