Les artistes refont le monde
Le dossier

Le dossier : « Aspects de la critique d’art internationale contemporaine »

Qu’il s’agisse d’articles publiés à l’issue d’un symposium AICA ou produits par Switch (on Paper) suite à un appel à candidature international, les textes réunis dans ce dossier témoignent de la diversité, de la singularité et de la permanence d’une critique d’art dont la place reste plus que jamais nécessaire pour appréhender les enjeux du monde, en replaçant les artistes et la culture au cœur du débat. Un partenariat qui matérialise une communauté d’esprit et le soutien actif de Switch (on Paper) pour les critiques d’art, dont le statut et l’avenir font l’objet d’une réflexion de fond.

Avec le soutien du Fonds de dotation Emerige et de la Région Sud dans le cadre de Manifesta 13 Marseille.

L'auteur

L'auteur : Julien Verhaeghe

Biographie

Julien Verhaeghe est docteur en Esthétique de l’Université Paris 8 et titulaire d’un DNSEP obtenu aux Beaux-arts de Paris-Cergy. Ses recherches ont porté sur la relation entre Esthétique et Contemporain, ce qui lui a permis d’interroger la proximité qu’entretient l’esthétique avec d’autres champs comme la sociologie, l’histoire ou l’anthropologie. Il s’est notamment intéressé à des pratiques où intervenaient des notions de cartographie, de collectif et de déplacement. Un ouvrage intitulé Art & Flux. Un portrait du contemporain a été publié en 2014, et Photographie, Media et Capitalisme en 2009, co-dirigé avec François Soulages. Il développe depuis quelques années une activité de critique et de commissaire d’exposition, notamment en créant en 2018 la revue Possible consacrée à la pratique de la critique d’art et à la mise en place d’événements permettant de la mettre en situation. Il est nommé en 2019 pour le prix AICA-France de la critique d’art, en présentant le travail du duo Galerie Rezeda. Il enseigne l’esthétique à l’Université catholique de l’Ouest à Angers et à l’École Camondo à Paris.

Contributions
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Thesaurus

Thesaurus :

Une modernité sonore renvoie, selon Jonathan Sterne, qui convoque différents auteurs, au « “maelström” de la vie moderne […] : capitalisme, colonialisme et expansion industrielle ; développement des sciences, cosmologies en mutation, bouleversements démographiques (notamment migratoire et urbanistique), nouvelles formes de pouvoir collectif et entrepreneurial, mouvements sociaux, lutte des classes et essor des nouvelles classes moyennes, communication de masse, États-nations, bureaucratie ; confiance dans le progrès, subjectivité humaniste abstraite et universelle, marché mondiale ; et, enfin, contemplation réflexive de la permanence du changement. ».

La NSA/CSS (National Security Agency, Agence nationale de sécurité ; Central Security Service, Service central de sécurité), fondée en 1952 sous la présidence de Harry Truman, est officiellement une agence liée au département de la Défense, garante de la sécurité informatique du gouvernement fédéral américain. En réalité, elle gère la communauté du renseignement électronique, comme la surveillance des communications électromagnétiques et d’Internet au niveau mondial.
NSA – National Security Agency

Le GCHQ (Government Communications Headquarters, Quartier-général des communications du gouvernement), fondé en 1948, est une organisation secrète britannique, officiellement garante de la sécurité de l’état et de ses données informatiques. Dans les faits, elle gère la surveillance des communications électromagnétiques et d’Internet au niveau mondial.
La NSA et la GCHQ ont cassé le cryptage et la sécurité des données sur Internet

Le Somali est une langue chamito-sémitique (également appelées langues afro-asiatiques, parlées essentiellement en Afrique du Nord), qui appartient à la famille des langues couchitiques (présentes dans la Corne de l’Afrique), et se compose de plusieurs dialectes, dont certains assez distincts. La langue est influencée par la colonisation et le mélange avec l’arabe. Elle est avec cette dernière, l’une des deux langues parlées en Somalie, par plus de 35 millions de locuteurs.

Forensic Architecture (extension du domaine de l’architecture) est un laboratoire et une agence de recherche qui travaille à partir des médias et qui analyse les conflits, les actes criminels individuels ou collectifs qui se produisent dans les villes, à partir de leurs topographies en les modélisant en 3d. Elle cherche un à-côté aux techniques policières traditionnelles pour trouver des informations innovantes, par l’intermédiaire de la cartographie, l’expertise judiciaire, l’écologie ou l’iconographie. Les chercheurs qui y travaillent sont issus d’horizons différents (artistes, cinéastes, architectes, designers, informaticiens, archéologues, analystes de media, juristes, journalistes, scientifiques), et cherchent à comprendre spatialement la multiplicité des données enregistrées sur les sites.

L’intellectuel spécifique selon Michel Foucault : « Il y a bien des années maintenant qu’on ne demande plus à l’intellectuel de jouer ce rôle. Un nouveau mode de “liaison entre la théorie et la pratique” s’est établi. Les intellectuels ont pris l’habitude de travailler non pas dans l’“universel ”, l’“exemplaire ”, le “ juste-et-le-vrai pour tous”, mais dans des secteurs déterminés, en des points précis où les situaient soit leurs conditions professionnelles de travail, soit leurs conditions de vie (le logement, l’hôpital, l’asile, le laboratoire, l’université, les rapports familiaux ou sexuels). Ils y ont gagné à coup sûr une conscience beaucoup plus concrète et immédiate des luttes. Et ils ont rencontré là des problèmes qui étaient spécifiques, “ non universels”. ».

Partenariat

Partenariat :

Partenariat éditorial avec AICA International

Ce texte de Julien Verhaeghe est publié dans le cadre d’un partenariat avec l’AICA suite à un appel à participation international lancé à la fin de l’année 2019. Sur une soixantaine de propositions d’articles, quatorze ont été retenues et sont publiées à partir du 28 août dans le cadre de Manifesta 13 Marseille au sein du programme Les Parallèles du Sud.

L’Association internationale des critiques d’art, (AICA) est une ONG créée en 1950 sous le patronage de l’UNESCO dans le but de renforcer mondialement la libre expression de la critique d’art et d’en assurer la diversité. Elle a pour missions, la promotion de la discipline dans le domaine de l’art en renforçant ses fondements méthodologiques ; la protection des intérêts moraux et professionnels des critiques d’art en faisant valoir, en commun, les droits de tous ses membres ; l’assurance d’une liaison permanente entre tous ses membres en favorisant les rencontres nationales et internationales ; l’amélioration et l’extension de l’information et des échanges dans le domaine des arts plastiques et la contribution au rapprochement et à la connaissance réciproque des cultures.

AICA News

 

Éditeur Associé, Fonds de dotation Emerige

Emerige: un mécène militant de la culture

Ce texte comme tous les textes publiés en partenariat avec l’AICA (Association Internationale des Critiques d’Art) entre les mois d’août, septembre, octobre et novembre 2020, est coproduit avec le soutien du Fonds de dotation Emerige.
Convaincu que l’art peut changer le quotidien, Emerige est un mécène engagé en faveur de la création contemporaine et du rapprochement de la culture avec tous les publics, en particulier les plus jeunes. Le Fonds de dotation Emerige encourage les jeunes artistes de la scène française via la Bourse Révélations Emerige et soutient des programmes d’éducation artistique et culturelle.

Bâtisseur d’une ville plus innovante, plus durable et plus généreuse, le groupe contribue également à l’essor de l’art dans la ville, à travers l’acquisition et la commande d’œuvres d’art dans le cadre de la charte « 1 immeuble, 1 œuvre ».

Fonds de dotation Emerige

 

Parallèles du Sud, Manifesta 13 Marseille

Cette série de publications publiées en partenariat l’AICA (Association Internationale des Critiques d’Art) fait partie des 86 projets labellisés « Les Parallèles du Sud », dans le cadre de MANIFESTA 13 qui se déroulera à Marseille du 28 août au 29 novembre 2020.

Créée par l’historienne de l’art néerlandaise Hedwig Fijen, Manifesta est l’unique biennale européenne itinérante qui a vu le jour dans les années 1990 en réponse aux changements politiques, économiques et sociaux qui ont suivi la fin de la guerre froide, dans un contexte d’intégration européenne. Manifesta est progressivement devenue une plateforme d’échanges entre l’art et la société où le milieu artistique et culturel est invité à produire de nouvelles expériences créatrices avec, et pour, le contexte dans lequel il s’inscrit. Manifesta repense les relations entre la culture et la société en explorant et en catalysant les changements sociaux positifs en Europe à travers la culture contemporaine, dans un dialogue continu avec la sphère sociale du lieu d’accueil.

Organisée tous les deux ans dans une ville d’accueil différente, chaque nouvelle édition a ses fonds propres et est gérée par un mix d’équipe permanente internationale et de spécialistes locaux. Manifesta travaille depuis ses bureaux à Amsterdam et Marseille.

Manifesta 13

Autour du texte
26 novembre 2020

Lawrence Abu Hamdan, Une modernité sonore

L’œuvre de Lawrence Abu Hamdan montre de quelle façon des dispositifs auditifs sont susceptibles de conditionner les individus et d’établir des rapports de pouvoir. Les sons, les bruits et les voix participent de ce que l’on peut nommer « une modernité sonore » que l’artiste soumet à son regard critique. Dans cette optique, l’artiste fait preuve d’un réel engagement. Mais, en s’arrêtant sur des situations précises, en adoptant une position à la fois spécifique et partielle, sa posture n’est pas tout à fait comparable à celle de l’artiste dit « engagé » qui affirme une position et dispense des messages, ni à celle de l’intellectuel « universel », qui parle au nom de tous.

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