Les artistes refont le monde
L'auteur

L'auteur : Camille Richert

Biographie

Camille Richert est diplômée de l’École normale supérieure de Lyon en histoire contemporaine. Ses premiers travaux de recherche en histoire sociale ont porté sur les femmes ouvrières dans l’entre-deux-guerres. Après un passage par l’École du Louvre, elle a débuté en 2016 une thèse de doctorat sous la direction de Laurence Bertrand Dorléac à Sciences Po – Paris où elle est chargée d’enseignement en histoire au Collège universitaire. Ses travaux de recherche portent sur les représentations du travail dans l’art depuis 1968. Dans la veine de l’histoire sociale de l’art, elle articule l’histoire de l’art à l’histoire, l’anthropologie ou la sociologie pour tisser une histoire visuelle des gestes et des émotions laborieuses depuis le déclin des idéologies politiques occidentales jusqu’à nos jours. Elle a, par ailleurs, exercé la fonction d’éditrice à Lafayette Anticipations – Fondation d’entreprise Galeries Lafayette (2014-2018), où elle a été en charge de la publication des premiers livres de l’institution et où elle a coordonné le projet ReSource, outil de documentation de la production en art contemporain. Critique d’art, elle collabore régulièrement avec différentes institutions publiques et privées ainsi que des revues. Cet article est sa troisième publication dans la revue Switch (on Paper).

Contributions
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Autour du texte
Entretien par Camille Richert
Tyler Coburn, U, 2014-2016, capture vidéo (durée totale : 39 minutes), © Tyler Coburn, avec l’aimable autorisation de l’artiste.
13 septembre 2018

Écrire dans la nuit de l’autre
Une discussion entre Tyler Coburn
et Camille Richert

Entretien par Camille Richert
Tyler Coburn, U, 2014-2016, capture vidéo (durée totale : 39 minutes), © Tyler Coburn, avec l’aimable autorisation de l’artiste.

Lundi 9 octobre 2017 à 6 h 31, Camille Richert a écrit :

Bonjour Tyler !
Au moment où j’écris cet e-mail, tu commences probablement à t’endormir, tandis que pour moi débute une journée de travail. J’espère que ce fluide, numérique et industrieux, envoyé de Paris vers New York n’affectera pas ton sommeil. Te demander de travailler sur notre entretien tout en sachant que, pendant ce temps, tu es en train de dormir, me culpabilise un peu. Mais d’une certaine façon, peut-être sommes-nous plus libres de répondre pendant que l’autre dort. Il y a toujours, selon moi, quelque chose de très libérateur dans le fait d’écrire la nuit : durant sa nuit à soi ou dans la nuit de l’autre. Au cours de l’année passée, j’avais pour habitude d’écrire la nuit quand je n’avais pas d’obligations tôt le matin afin de retrouver cette sensation de liberté. Je me couchais vers quatre ou cinq heures du matin, parfois six heures, et me réveillais à dix heures pour être à mon bureau à onze heures et demie. Une sieste rapide d’une heure et demie l’après-midi m’aidait à tenir jusqu’à quatre heures du matin… et ainsi de suite. C’était un rythme parfait pour mon corps et mon esprit. Cette année, à cause de nouvelles activités professionnelles, j’ai dû changer radicalement ma façon de travailler et de dormir. À vrai dire, pour moi, travail et sommeil sont les deux faces d’une même médaille.

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