Les artistes refont le monde
L'auteur

L'auteur : Océane Pacaud

Biographie

Après avoir suivi un cursus en art puis en psychologie, Océane Pacaud a été diplômée du Master de Création Littéraire du Havre en juin 2020. À l’aide d’une prose poétique et de l’usage du spoken word, elle s’emploie à raconter des ... [ lire la suite ]

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Autour du texte
26 février 2021

Anthropophonie, ou l’extinction des sons

À la fin d’une conférence, le bioacousticien Gordon Hempton, index sur les lèvres, signifie au public de s’abstenir d’applaudir. C’est dans le silence éberlué de corps qui ne s’attendaient pas à devoir se taire, que l’intervenant descend de l’estrade, et disparaît en coulisses. Le silence improvisé là est pourtant loin d’être vide. Au contraire, il charrie la densité d’un instant particulier. Il est paradoxalement composé de sons, tout comme l’était la célèbre pièce 4’33” de John Cage. Hempton a une jolie formule pour exprimer cette idée, « la Terre est un juke-box éclairé par le soleil ».

À retenir

Qu’est-ce que l’Anthropophonie ?

L’anthropophonie est l’ensemble des bruits engendrés par l’activité humaine.

Que signifie l’expression “paysage sonore” et qui l’a inventée ?

C’est le compositeur canadien R. Murray Schafer qui a forgé le mot valise soundscape (paysage sonore) dans un ouvrage paru à la fin des années 60. Pour lui, le paysage sonore peut se composer de biophonie, soit l’ensemble des sons produits par les organismes vivants, de géophonie, l’équivalent pour les éléments naturels, et d’anthropophonie. Quant à la schizophonie, elle qualifie, toujours selon Schafer, “la scission entre un son original et sa transmission ou sa reproduction électroacoustique”.

Quel est le niveau sonore supportable pour un être humain ?

Voici une échelle de sons mesurée en décibels A, soit la norme appliquée pour les bruits environnementaux. 0 db(A) est le seuil d’audibilité. En deçà, l’oreille humaine ne perçoit rien. 10 db(A) correspond à l’ambiance d’un studio d’enregistrement insonorisé. Au-delà de 40 db(A) la nuit, soit le niveau sonore d’un bureau, et 55 db(A), soit l’ambiance d’un marché animé, les premiers effets négatifs peuvent être ressentis (fatigue, stress, troubles du sommeil, de l’humeur, voire cardio-vasculaires). De 85 à 100 db(A), niveau sonore d’une rue bruyante, l’exposition répétée peut provoquer des pertes auditives à moyen/long terme. Au-delà de 105 db(A), soit le volume d’un concert rock ou d’une sono de discothèque, les lésions peuvent être immédiates, voire irréversibles (acouphènes, surdité). On situe enfin le seuil de douleur à partir de 120 db(A), soit la proximité d’un circuit de F1 ou le décollage d’un avion à 100 m. (source Bruiparif)

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