Anthropophonie, ou l’extinction des sons

Essai par Océane Pacaud
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À la fin d’une conférence, le bioacousticien Gordon Hempton, index sur les lèvres, signifie au public de s’abstenir d’applaudir. C’est dans le silence éberlué de corps qui ne s’attendaient pas à devoir se taire, que l’intervenant descend de l’estrade, et disparaît en coulisses. Le silence improvisé là est pourtant loin d’être vide. Au contraire, il charrie la densité d’un instant particulier. Il est paradoxalement composé de sons, tout comme l’était la célèbre pièce 4’33” de John Cage. Hempton a une jolie formule pour exprimer cette idée, « la Terre est un juke-box éclairé par le soleil ».

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