Les artistes refont le monde
L'auteur

L'auteur : Julien Bécourt

Biographie

Julien Bécourt est critique d’art et journaliste. Après un cursus en arts plastiques, il bascule vers la critique et cherche à tisser des liens entre art contemporain, expanded cinema et culture DIY. Il a conduit de longs entretiens avec des figures majeures ou émergentes de l’art, de la musique post-punk et du cinéma dans des revues aussi diverses que Mouvement, Vice, New Noise, artpress ou Grazia. Anciennement DJ sous le pseudonyme Eva Revox, il se dirige aujourd’hui vers l’écriture cinématographique, tout en poursuivant ses investigations dans le monde de l’art. Il anime l’émission mensuelle Entente Cordiale sur LYL Radio.

Contributions
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Notices :

Camp est une expression employée à partir des années 1960 qui désigne une manière d’être, l’affirmation d’une sensibilité gay qui passe par un ensemble de symboles d’appartenance, de références cinématographiques ou musicales à l’histoire queer. Elle déjoue les codes de la culture hétérosexuelle, normative, virile, de domination, par le biais de l’humour, de l’emphase et de l’excès, en parodiant souvent de manière appuyée les comportements et attitudes qui constituent les stéréotypes de classe et de genre.

Drag signifie littéralement « Dressed as a girl », habillé comme une fille. Au-delà de cet acronyme, il s’agit d’une attitude en principe légère pour produire une certaine distance par rapport aux normes binaires du genre et de l’hétéronormativité. Dans son livre Art Queer (traduction française aux éditions B42, février 2018), l’artiste suisse Renate Lorenz en fait un objet militant destiné à maitriser la construction et le rôle de son propre corps.

Malegaze est un concept proposé par la critique de cinéma, réalisatrice et féministe, Laura Mulvey, à partir de l’observation du cinéma d’Hollywood, hétéronormé et genré, dans ces modes de représentation et d’identification par le spectateur (construit pour convenir au désir masculin normé). La narration et l’action sont portées par des rôles masculins. Les femmes occupent des places secondaires, dans une division hétérosexuelle du travail. Elles deviennent objet de voyeurisme, de sadisme, ou subissent un traitement de survalorisation du culte féminin.

Autour du texte
29 septembre 2020

Clara Schulmann, Les voix insoumises

De quel endroit parle-t-on ? Où s’arrête la parole privée et où commence la parole publique ? Quel pouvoir de dissidence peuvent exercer les voix féminines ? Quelles répercussions ont-elles sur nos vies ? Par quels affects sont-elles traversées ? Dans Zizanies, son dernier ouvrage, la critique d’art Clara Schulmann poursuit une subtile investigation sur le pouvoir des voix, mêlant de manière fragmentaire théorie féministe, histoire du cinéma, considérations personnelles et journal intime. Loin du militantisme à gros sabots, il s’y dessine en filigrane une histoire de la parole comme voie possible de l’émancipation féminine, si cruciale aujourd’hui. Car derrière cette polyphonie de voix – émanant aussi bien des podcasts, de l’art contemporain, des séries télévisées, de l’industrie cinématographique ou de la vie quotidienne – se profile une voie collective, affranchie pour de bon de l’autorité patriarcale. Un fructueux échange est né de ce constat.

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