Marcel Broodthaers, jardin d'hiver
portrait œuvre, 23 septembre 2021
Marcel Broodthaers, jardin d'hiver

Planter le décor, ou comment ne pas faire du palmier une œuvre d’art.

Essai par Laurence Corbel
Sommaire

Si l’œuvre de Marcel Broodthaers peut parfois sembler désuète, qu’on ne s’y trompe pas. Suivant la pensée magrittienne qui révèle la trahison des images, l’artiste disparu en 1976 n’a cessé de jouer avec les signes et les objets qui ne recèlent pas seulement un sens caché mais une véritable portée critique. Témoin incongru – belgitude oblige –, le kentia, ce palmier décoratif d’essence quasi-invisible tant il est banal, devient tout à la fois un contre-readymade duchampien, une allusion directe au sombre passé colonial de la Belgique et une remise en cause des principes du white cube aseptisé. Une analyse de Laurence Corbel, parue à l’automne 2020 dans Kentia, livre d’artistes de Ludovic Chemarin© aux éditions Incertain Sens, et publié par Switch (on Paper) à l’occasion d’un double regard sur Marcel Broodthaers.