Les artistes refont le monde
L'auteur

L'auteur : Agnès Gayraud

Biographie

Agnès Gayraud est née à Tarbes en 1979. Elle vit et enseigne à Lyon (Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon) après un passage à l’ENSA de la Villa Arson, à Nice. Ancienne élève de l’École Normale Supérieure de la rue d’Ul... [ lire la suite ]

Contributions
Voir tous les auteurs +
Thesaurus

Thesaurus :

Né au début des années 1950 en Angleterre, l’Independent Group rassemble artistes, architectes et théoriciens qui ne se reconnaissent pas dans la haute-culture et les formes artistiques traditionnelles produites dans les hautes sphères sociales. Ils revendiquent l’influence, la séduction des images issues de la culture populaire américaine (cinéma hollywoodien, pulps de science-fiction, design, publicité, mode, etc), pourvu qu’elles aient une signification et un impact au sein de la société dans laquelle ils vivent. Ils cherchent à comprendre ce qu’elles colportent, l’expérience qu’en font leurs contemporains, en insistant sur leurs caractères éphémères : les stars des magazines remplissent des fonctions symboliques, elles sont les nouvelles icônes jetables. Constitué notamment de Lawrence Alloway et John McHale, le groupe est connu pour avoir lancé le Pop art.

 

La Factory était un atelier d’artistes, inauguré le 28 janvier 1964 à New York par Andy Warhol. C’est là qu’il produisit de nombreuses sérigraphies, des courts-métrages expérimentaux, et différentes séries d’œuvres importantes, parmi lesquelles les premières boîtes de soupes Campbell’s. Elle abritait une galerie d’exposition, un studio de tournage, une salle de projection, un espace de concert et une boîte de nuit. Ce lieu d’effervescence et de créativité a vu se mêler de nombreuses personnalités de la scène artistique new-yorkaise et underground, se rencontrant à l’occasion de grandes fêtes excentriques et transgressives, érigeant quiconque y mettait les pieds au rang de Superstar, selon l’expression de Warhol.

La factory
Keith Haring

 

Mouvement intellectuel, littéraire et artistique du début du XXe siècle, Dada se caractérise par une remise en cause de toutes les conventions et contraintes idéologiques, esthétiques et politiques. Hugo Ball en esquisse la définition dans son Manifeste Littéraire en Juillet 1916 : « Nous ne sommes pas assez naïfs pour croire dans le progrès. Nous ne nous occupons, avec amusement, que de l’aujourd’hui. Nous voulons être des mystiques du détail, des taraudeurs et des clairvoyants, des anti-conceptionnistes et des râleurs littéraires. Nous voulons supprimer le désir pour toute forme de beauté, de culture, de poésie, pour tout raffinement intellectuel, toute forme de goût, socialisme, altruisme et synonymisme. ». Dada nait dans le contexte historique de la première guerre mondiale, au sein du cabaret Voltaire à Zurich (actif pendant six mois, de février à juillet 1916), espace de pratiques performatives et expérimentales où se croisent notamment Tristan Tzara, Marcel Janco, Hugo Ball, …

Dada
Hugo Ball
Tristan Tzara
Marcel Janco

 

Mouvement artistique majeur du XXe siècle, le Surréalisme est un mouvement pluridisciplinaire (peinture, dessin, musique, cinéma, littérature…) et transdisciplinaire qui utilise toutes les forces psychiques (automatisme, rêve, inconscient) libérées du contrôle de la raison et en lutte contre les valeurs reçues. Il est défini par André Breton en 1924 dans son premier Manifeste du mouvement comme un « automatisme psychique pur, par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière le fonctionnement réel de la pensée (…) en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale ». Il se traduit notamment dans la peinture par des représentations figuratives mais absurdes ou oniriques en rupture d’avec le conformisme, également par des jeux de hasard comme le cadavre exquis (« jeu qui consiste à faire composer une phrase ou un dessin par plusieurs personnes sans qu’aucune d’elles ne puisse tenir compte de la collaboration ou des collaborations précédentes »), le refus des catégories esthétiques traditionnelles et se désigne comme instrument de libération et de révolution.

André Breton

 

Mouvement artistique majeur du début du XXe siècle, le Cubisme, inspiré notamment par le travail de Paul Cézanne constitue une révolution dans la peinture et la sculpture et influence également l’architecture, la littérature et la musique. Produites essentiellement dans la région parisienne, les œuvres cubistes représentent des objets analysés, décomposés et réassemblés en une composition abstraite, comme si l’artiste multipliait les différents points de vue. Elles partagent également une récurrence des formes géométriques et du thème de la modernité. Le mouvement se développe en trois phases : le cubisme analytique de 1910 à 1912 (représentation du réel par des cylindres, des sphères et des cônes, attaché essentiellement à la représentation humaine), le cubisme synthétique de 1912 à 1914 (clarification du style comparativement au cubisme analytique, trompe-l’œil, explorations artistiques plus libres), et le cubisme Orphique de 1914 à 1920 (branche du mouvement qui s’approche de l’abstraction, caractérisé par des cercles concentriques et une utilisation plus libre des couleurs).

Picasso
George Braque

 

Très médiatisé dans les années 1980, la figuration libre est un mouvement artistique constitué autour de figures marquantes comme Robert Combas en France ou Keith Haring aux États-Unis, et en opposition formelle à la sévérité des années 1970 (minimalisme, art conceptuel). Elle s’inscrit dans le prolongement d’artistes et de mouvements historiques dont la spécificité a été l’ouverture à des formes d’expression marginalisées comme le surréalisme aux dessins d’enfants et à l’art des fous, le pop art à la publicité et à la bande dessinée. Comme pour ce dernier, elle s’applique à faire disparaitre la hiérarchie de valeurs entre haute et sous-culture, en produisant des images figuratives, colorées, simplifiées qui s’inspirent de la bande dessinée, de la science-fiction et/ou de la culture des banlieues.

Robert Combas

 

La notion de Kitsch apparait en Europe à partir du XIXème siècle. C’est une qualification protéiforme qui caractérise un déplacement de l’objet original à sa copie, par un changement de format, de finalité ou de fonction, mais également par un mode de production de masse (matériaux moins nobles et à bas prix). Le kitsch exprime également une dissociation entre la fonctionnalité de l’objet et son apparence en produisant un effet d’hyperbole et d’exagération.

 

Le modernisme est un courant spécifique à l’art du XXe siècle qui trouverait son apogée au moment de la Première Guerre Mondiale ou dans les années suivantes et qui prendrait fin dans les années 1930 ou dans les années 1950 et même plus tard. On passerait alors du modernisme au postmodernisme. Le mot est surtout utilisé dans les années 1960 et désigne rétrospectivement cette période. Il s’agit d’un ensemble de mouvements culturels ayant animé les sociétés occidentales de la fin du XIXe siècle au milieu du XXe siècle (peinture, sculpture, photographie, architecture, musique, littérature, …).

 

Apparu au début des années 1960 aux États-Unis en réaction au lyrisme pictural de l’Expressionnisme abstrait et en opposition à la tendance figurative et ironique du pop art, le minimalisme est un courant de l’art contemporain, héritier du modernisme, et plus spécifiquement du Bauhaus. Il opère des processus de soustraction, de dépouillement, de neutralité, de réduction des éléments dans l’œuvre (less is more). En peinture les minimalistes désirent limiter toute trace de facture picturale ou d’intervention de la main du peintre, dépersonnaliser l’œuvre d’art pour en finir avec les figures de génies artistiques chargées de pathos et de sentimentalité. Les volumes sont à appréhender immédiatement pour ce qu’ils sont, tendent également à supprimer l’émotion, le symbolisme, se traduisent par l’utilisation de structures et de matériaux simples, élémentaires, et souvent laissés bruts, sans artifices.

 

Courant artistique pluridisciplinaire (design, photographie, costume, danse), Le Bauhaus est une école d’architecture et d’arts appliqués fondée en 1919 à Weimar par Walter Gropius. Ce mouvement posera les bases de la réflexion sur l’architecture moderne et notamment du style international : « Le but de toute activité plastique est la construction ! […] Architectes, sculpteurs, peintres ; nous devons tous revenir au travail artisanal, parce qu’il n’y a pas d’“ art professionnel ”. Il n’existe aucune différence essentielle entre l’artiste et l’artisan. […] Voulons, concevons et créons ensemble la nouvelle construction de l’avenir, qui embrassera tout en une seule forme : architecture, art plastique et peinture » Walter Gropius – Manifeste du Bauhaus – 1919.

Walter Gropius

 

Thesaurus
Autour du texte
22 octobre 2020

Une incertaine idée du pop 1 le nuage pop

Si l’on ne parle pas expressément de musique et que l’on se tourne vers les arts visuels, le pop est une notion aussi familière que vague. C’est plus ou moins tout ce qui peut sortir d’un supermarché, jusqu’aux canettes de soda et hamburgers congelés. « All Pop everything », clame la plateforme Konbini. Mais d’où vient cette idée du pop où l’on fourre un peu tout : de la bonne vielle bouteille de Coke aux BD d’auteurs, des romans de gare au dernier smartphone ? Et si cette incertaine idée du Pop était en fait tout droit héritée du Pop art ? Dans un texte en deux parties, Agnès Gayraud entreprend une petite généalogie conceptuelle, faisant retour sur deux des grandes figures historiques du Pop art, Andy Warhol et Roy Lichtenstein.

Lire aussi...