Les artistes refont le monde
L'auteur

L'auteur : Adriana Pena Mejia

Biographie

Titulaire d’une licence en Histoire, de masters en Histoire de l’art et en Médiation culturelle, ainsi que d’un doctorat en Histoire de l’art, Adriana Pena Mejia mène des recherches sur la contribution féminine à l’art colombien moderne et contemporain, les transferts de savoirs artistiques entre l’Amérique latine et l’Europe après 1945 et la construction identitaire des artistes sous le prisme du genre et de la couleur de peau. Parmi ses articles : L’hystérie des hystériques : Feliza Bursztyn, une Colombienne étant passée par Paris pendant les années 1950 et 1960 (Les arts à Paris après la Libération 2019), Negra menta : por un reconocimiento a la mujer afrocolombiana (Artelogie 2016) et Historia de la escultura moderna y de los viajes culturales de artistas colombianos a París después de 1945 (Historia Crítica 2015).

Contributions
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Thesaurus

Thesaurus :

Le boléro est un style à la fois chorégraphique et théatral apparu en Espagne au XVIIIe. Son nom provient probablement de Sebastian Lorenzo Cerezo, maître de danse de Charles III qui lui donne ses lettres de noblesse et restera dans l’histoire comme Volero, le danseur volant. À l’origine de la danse académique espagnole, célèbre pour de nombreuses pièces de musique savante, le genre fera florès au XIXe et influencera également la musique populaire, voire pop, créant une improbable filiation entre Gilbert Bécaud et Jimmy Page.

L’expressionnisme est un courant artistique pluridisciplinaire, constitué de différentes tendances – Die Brücke, groupe d’artistes formé à Dresde en 1905, puis Der blaue Reiter, formé à Munich en 1911 – en rupture avec l’art académique. Il accorde la primauté à la subjectivité de l’artiste, qui stylise la réalité pour exprimer autant que susciter une réaction émotionnelle. Hantés par la menace de la Première Guerre mondiale, les artistes expressionnistes peignent une vision distordue du monde, dans un registre où palette, perspectives et décors se composent de manière parfois cauchemardesque. Le régime nazi qualifiera ces œuvres d’art dégénéré, pour leur substituer un art officiel, exaltant à l’inverse une forme d’héroïsme lisse. L’exposition de 1937 sur l’art dégénéré, destinée à discréditer définitivement ces artistes, en les présentant comme d’authentiques terroristes, précédera la destruction de nombre, les artistes expressionnistes étant contraints à la fuite ou la clandestinité.

L’art national-socialiste (art officiel de l’Allemagne nazie, ou art héroïque) se traduit formellement par un retour des thèmes néoclassiques, la réalisation d’œuvres monumentales (architecture, sculpture), et par la création d’objets de propagande qui servent à glorifier l’idéologie du régime, dans un objectif de manipulation politique et idéologique. Contrairement aux avant-gardes, notamment l’art expressionniste qui cherche à exprimer une vision intérieure détachée des traditions académiques, l’art national-socialiste prône une peinture et un art froid, inexpressif, où la pureté de la race, les scènes guerrières, paysannes et familiales sont représentées. Il puise son inspiration dans l’art Grec, le réalisme bourgeois, les scènes bucoliques de l’art pompier du XIXe siècle.

Le lettrisme est un mouvement artistique puis pluriculturel né en 1945. Son ouvrage fondateur, La Créatique ou la Novatique, a été rédigé par Isidore Isou entre 1941 et 1976. Au départ attaché à la poétique des sons, des onomatopées, à la musique des lettres, le lettrisme élabore un système de pensée général qui concerne toutes les branches (selon la kladologie ou « science des branches », du grec klados, « branche ») de la culture et de la vie (Art, Science, Philosophie, Théologie, Technique).

Le concept de situation, employé pour la première fois par Guy Debord en 1952, développe la pensée que l’humain doit, par la synthèse des connaissances sur les causes matérielles qui conditionnent la vie quotidienne, quitter sa passivité et affirmer sa volonté de transformation par une conjonction de contextes, de personnes et de lieux. « Une science des situations est à faire qui empruntera des éléments à la psychologie, aux statistiques, à l’urbanisme et à la morale. Ces éléments devront concourir à un but absolument nouveau : « une création consciente de situations » (Guy Debord – Hurlements en faveur de Sade – 1952).

Autour du texte
17 décembre 2020

María de la Paz Jaramillo, être Colombienne dans les années 1970

María de la Paz Jaramillo est une artiste colombienne connue pour sa palette de couleurs vives et son approche expérimentale des différentes techniques de gravure. Dans les années 1970, à l’heure où la Colombie connaît un brusque développement économique et une modernisation sociale inédite, elle décide de placer la femme au centre de son œuvre, s’intéressant d’abord à la figure de la prostituée, avant de passer en revue les métiers habituellement réservés aux femmes. Une œuvre aux échos résolument contemporains.

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