Les artistes refont le monde
L'auteur

L'auteur : Elvan Zabunyan

Biographie

Elvan Zabunyan est historienne de l’art contemporain, critique d’art et professeure à l’université Rennes 2, où elle a dirigé le Master Métiers et Arts de l’Exposition de 2002 à 2019. Ses travaux croisent les problématiques raciales, postcoloniales et féministes, ainsi que l’histoire politique et culturelle des États-Unis en lien avec l’engagement artistique depuis les années 1960. Elle a publié un ouvrage pionnier sur les arts visuels africains-américains, Black is a color, une histoire de l’art africain américain (Dis Voir, 2004), ainsi que la première monographie de l’artiste coréenne-américaine, Theresa Hak Kyung Cha, Theresa Hak Kyung Cha – Berkeley – 1968 (Presses du réel, 2013, à paraître en anglais fin 2020). Elle a codirigé des ouvrages, écrit de nombreux articles pour des recueils, des catalogues d’exposition et des périodiques, parmi lesquels Adrian Piper (MoMA, 2018), Ellen Gallagher (WIELS, 2019), LaToya Ruby Frazier (MUDAM, 2019), Kehinde Wiley (Templon, 2019), « The Muted Sound of Speaking Silence » (Kunsttexte.de, 2020), « Lorna Simpson : Hearing Images » (InSITE, 2020). Elle vient de codiriger le dossier « Pratiquer l’histoire par les arts contemporains » de la revue Esclavages et Post-esclavages (CIRESC/CNRS), mai 2020. Elle contribue régulièrement à la revue Critique d’art et au quotidien AOC media.

Contributions
Voir tous les auteurs +
Aller plus loinContexte

Contexte :

Elvan Zabunyan a également publié le 9 juin dernier un texte dans AOC en écho aux manifestations #Black Lives Matter aux États-Unis.

8 MINUTES 46 SECONDES, #JusticeForGeorgeFloyd – la réponse des artistes américains
[…]
Depuis le meurtre à Minneapolis de George Floyd le lundi 25 mai 2020 par un policier, le monde entier réagit au drame incommensurable qui vient ajouter un mort sur la liste des centaines, des milliers, des millions de personnes tuées par la violence aux États-Unis depuis le génocide des
Natif.ve·s américain·e·s et l’arrivée des premier·e·s Africain·e·s déporté·e·s par les esclavagistes. Accompagnant le mouvement Black Lives Matter, activistes et artistes qui prennent la parole depuis cette date ne cessent de répéter que ces quatre cents ans d’histoire marquent au fer rouge toute la réalité sociale, économique et politique africaine-américaine.
[…]
Ce phénomène se reproduit aujourd’hui avec la participation active des musées sur les réseaux sociaux dans le cadre du meurtre de George Floyd.
Ainsi, sur Instagram, le MoMA de New York, proposait il y a quelques jours une œuvre de la série des « body-prints » (empreintes corporelles) créée par le célèbre artiste africain-américain David Hammons en 1969. À cette date, et en pleine guerre du Vietnam, des révoltes d’envergure éclatent dans le pays à la suite de l’assassinat de Martin Luther King.
L’œuvre est intitulée Pray for America, on y voit une empreinte d’homme de profil en train de prier, portant sur sa tête et ses épaules le drapeau des États -Unis comme l’emblème de la mort qui vient faucher des vies. Sous l’image postée, on peut lire « En ces temps de tragédie et de violence intolérables, nous devons tous·tes rester uni·e·s en rejetant le racisme et l’injustice et nous engager dans la construction d’un futur sûr, en paix et équitable pour tout le monde».

AOC est un quotidien d’auteurs. Conçu par des journalistes, il est écrit par des chercheurs, des écrivains, des intellectuels, des artistes et… des journalistes. AOC entend prendre de la hauteur. Tenter de remettre un peu de verticalité dans un espace public désormais destructuré et horizontalisé en publiant des textes qui visent autant que possible à (re)faire autorité et à structurer le débat. AOC est l’acronyme d’Analyse Opinion Critique. AOC publie, du lundi au vendredi, trois articles par jour : une Analyse, une Opinion et une Critique. AOC publie le samedi un grand entretien d’idées ou de parcours biographique selon les cas. AOC publie le dimanche un texte littéraire inédit. AOC est un journal quotidien en ligne accessible gratuitement en se créant un compte lecteur donnant accès à trois articles par mois et, dans sa totalité, sur abonnement.
AOC media

Autour du texte
Investigation par Elvan Zabunyan
David Hammons
30 juin 2020

David Hammons, improviser l’imprévisible

Investigation par Elvan Zabunyan
David Hammons

David Hammons est aujourd’hui l’un des plus célèbres artistes des États-Unis et de la scène internationale. Depuis plus de cinquante ans, son art sonde avec dérision, provocation et spiritualité la réalité culturelle et politique africaine-américaine en remontant l’histoire des émancipations noires. Dans la lignée des avant-gardes des années 1960, David Hammons produit une critique institutionnelle implacable tout en se jouant du système marchand de l’art. En créant des allers-retours entre la mémoire de l’esclavage et les références de l’artiste au blues et au jazz, cet article fait le choix de présenter son parcours des vingt dernières années à partir de quelques-unes de ses expositions phares.

Lire aussi...